ROTM (RISE OF THE MACHINES)

Die Störung der Perfektion und die Schönheit der Ungewissheit

Die Spirale ist vollkommen, aber auf einmal werden Ordnung und Gleichgewicht gestört durch eine Anomalie, die harmonische Regelmäßigkeit wird durchbrochen, bis die Figur wieder ihren anfänglichen Rhythmus findet, allerdings an ihre Entwicklung angepasst, also in umgekehrter Drehrichtung. Diese »Perversion« der Spirale beschäftigt Gilles Pegel schon seit einigen Jahren, sie stellt ein zentrales, rekurrentes Element seiner Forschung und seiner künstlerischen Arbeit dar. Er erschafft eine Serie von Variationen über dasselbe Thema, er stellt, etwa durch den Einsatz neuer Techniken und das Experimentieren mit neuen Materialien, diese Störung der vollkommenen Harmonie ständig auf die Probe. Damit stellt er sich technologischen Herausforderungen, und gleichzeitig wirft er diese Leidenschaft für die Herausforderung, die ihn treibt, auf sich selbst zurück, indem er den von ihm in Gang gesetzten Prozess selbst hinterfragt: Was, wenn die Technologie sich gegen ihren Schöpfer wendet? ROTM (rise of the machines) ist damit ein Werk über die Beziehung zwischen Mensch und Technik, die ihm womöglich entgleitet und die »Perfektion« durchbricht, die er gerade durch sie ins Werk gesetzt hat.

Das Interesse des Künstlers für die Durchbrechung der Ordnung, die ein momentanes Chaos schafft, um dann wieder in ihren ursprünglichen Fluss zurückzukehren, inspiriert sich von einem Artikel von Charles Darwin aus dem Jahr 1865; es geht darin über das von mehreren Botanikern in der Natur beobachteten Phänomen, das immer noch nicht erklärt werden konnte. In der Natur entsteht die Irregularität wahrscheinlich aus einer Mutation. Für Gilles Pegel ist das »ein schönes Bild für das Wesen der Kunst«: Auch sie kann im sinnlichen Bereich provozieren und die anscheinende Ordnung stören.

Überträgt man nun diese Situation auf die Aktualität, also auf die Pandemie und ihre Folgen – hier inspiriert sich auch die Thematik der Ausstellung –, so könnte man auf Edgar Morins Interpretation verweisen. Ihm zufolge hat die Gesundheitskrise die Naturwissenschaft in den Mittelpunkt der gesellschaftlichen Debatte zurückgeholt und behauptet wieder eine für obsolet gehaltene Notwendigkeit, nämlich die Notwendigkeit, das Ungewisse zu bezwingen. Sobald nämlich die Experten anfingen, sich unterschiedlich, häufig gar widersprüchlich über die notwendigen Präventionsmaßnahmen oder über die Herkunft dieses Virus zu äußern, das die ganze Welt erschüttert hat, machte sich der Zweifel breit, wurde die angebliche Allmacht des Menschen – mit all seinen kolonialen Unterdrückungsmerkmalen – endlich in Frage gestellt. Die Naturwissenschaft, die als unanfechtbare Sammlung absoluter Wahrheiten gilt (oder benutzt wird), wich damit dem »Festival der Ungewissheiten«. Diese Ungewissheiten, die die Herkunft der Pandemie genauso betreffen wie die Mutationen des Virus, seine unregelmäßige Ausbreitung, die Maßnahmen, die ergriffen wurden, um es zurück- oder womöglich ganz zu verdrängen, und vor allem die gesellschaftlichen und ökonomischen Folgen der Pandemie auf persönlicher, lokaler und globaler Ebene – alles das »bringt uns«, so Edgar Morin, »zu der Einsicht, dass die Ungewissheit, selbst wenn sie verborgen und verdrängt wird, doch immer Teil des großen Abenteuers der Menschheit bleibt, Teil jeder nationalen Geschichte, jedes ›normalen‹ Lebens. Denn jedes Leben ist ein ungewisses Abenteuer.« Zu leben heißt, durch die Ungewissheit zu gehen, die manchmal kurz auf Inseln der Gewissheit Halt macht; man sollte sich das bewusst machen und die Entfaltung der Möglichkeiten genießen, die nur die Ungewissheit bieten kann … Denn um noch einmal Edgar Morin zu zitieren, dessen Werk sich der Komplexität der Welt und der Wissenschaft widmet, dieser menschlichen Wirklichkeit, die, wie die Demokratie, auf der Debatte unterschiedlicher Ideen beruht:
»Das äußerste Glück ist untrennbar vom äußersten Risiko.« 

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Kunst und Kunstwissenschaften, Ästhetik
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Kunsttheoretikerin und unabhängige Kuratorin

ROTM (RISE OF THE MACHINES)

Perturbation de la perfection et beauté de l’incertitude

La spirale est parfaite mais, à un certain moment, l’ordre et l’équilibre de la forme sont perturbés par une anomalie, la régularité harmonieuse est alors interrompue, pour que la figure reprenne ensuite son rythme initial, mais adapté à son évolution, c’est-à-dire dans le sens inverse. Cette « perversion » de la spirale préoccupe Gilles Pegel depuis quelques années, elle constitue un élément central et récurrent dans les recherches et le travail de l’artiste. Il réalise une série de variations sur le même thème et expérimente constamment, à travers l’usage de nouvelles techniques et l’exploration de nouveaux matériaux, ce trouble de l’harmonie parfaite. Il se confronte ainsi à des défis technologiques, tout en retournant sur elle-même cette passion du défi qui l’anime par le truchement du questionnement que suscite le processus qu’il met en œuvre : Et si la technologie se retournait contre son créateur ? ROTM (rise of the machines) est ainsi une œuvre dédiée aux rapports entre l’être humain et la technologie qui pourrait lui échapper et troubler la « perfection » qu’il a créée à travers elle.  

L’intérêt de l’artiste pour la perturbation de l’ordre, qui produit un laps de chaos pour ensuite se réadapter à sa cadence originelle trouve sa source dans la lecture d’un article de Darwin qui date de 1865 et qui décrit ce phénomène observé dans la nature par plusieurs botanistes mais qui reste inexpliqué. L’irrégularité dans la nature apparaitrait probablement suite à une mutation. « C’est, selon Gilles Pegel, une belle image de ce qu’est l’art », qui au niveau du sensible peut provoquer et déranger l’ordre apparent des choses. 

Et lorsque l’on transpose cette situation à l’actualité relative à la pandémie et à ses effets – dont la thématique de l’exposition s’inspire – l’on pourrait évoquer l’interprétation d’Edgar Morin selon laquelle la crise sanitaire a remis la science au centre du débat social en réaffirmant une nécessité diachronique, celle d’apprivoiser l’incertitude. En effet, dès-lors que les scientifiques ont commencé à défendre des thèses différentes, souvent même contradictoires, sur les mesures préventives à prendre, ou encore sur les origines de ce virus qui a modifié le cours des choses à niveau planétaire : le doute a été introduit dans l’esprit des citoyens et la présumée toute puissance humaine – avec tous ses attributs colonisateurs et oppressants – enfin remise en question. La science, considérée (ou utilisée) comme répertoire indéniable des vérités absolues, a alors laissé place au « festival des incertitudes » . Ces incertitudes, qui portent aussi bien sur la provenance de la pandémie que sur les mutations du virus, sa propagation inégale, les mesures entreprises pour sa régression ou son éventuelle disparition, et surtout sur les répercussions sociopolitiques et économiques, aussi bien à niveau intime, local et global  de cette pandémie, « nous incite, comme l’écrit Edgar Morin, à reconnaître que, même cachée et refoulée, l’incertitude accompagne la grande aventure de l’humanité, chaque histoire nationale, chaque vie ‘normale’. Car toute vie est une aventure incertaine » . Vivre est un cheminement dans l’incertitude, qui parfois repose brièvement sur des îlots de certitude, il vaudrait mieux en être conscient et apprécier le déploiement des possibles que seule l’incertitude est capable de susciter… car comme l’écrit encore Edgar Morin, dont l’œuvre est dédiée à la complexité du monde et donc de la science qu’il vaut mieux concevoir comme une réalité humaine qui, comme la démocratie, repose sur les débats d’idées : « la chance suprême est inséparable du risque suprême ».

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l’art, Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Théoricienne de l’art et curatrice indépendante

ROTM (RISE OF THE MACHINES)

The spiral is complete, but suddenly order and balance are disturbed by an anomaly, the harmonious regularity gets disrupted until the figure finds its initial rhythm, but adjusted to its development, i.e. in the reverse direction of rotation. Gilles Pegel has been occupied with this perversion of the spiral for some years now; it is a central, recurrent element of his research and his artistic work. He creates a series of variations on the same topic. He constantly puts the disruption of complete harmony to the test, for example by using new techniques and by experimenting with new materials. He thereby faces technological challenges and simultaneously turns his passion for challenges against himself by questioning the very process he initiated: What happens, when technology turns against its creator? Therefore, ROTM (rise against the machines) is a work about the relation between man and technology, which possibly slips away from him disrupting the perfection created by himself.

The artist’s interest in the disruption of order, which creates chaos before things return to their original form, is inspired by an article written by Charles Darwin in 1865. It is about a natural phenomenon, observed by several botanists, which has not been explained yet. In nature irregularity probably evolves from mutation. For Gilles Pegel this represents a fine illustration of the essence of art. Because art too is capable of provoking one’s sensuality and disturbing the apparent order.

If one applies this state of affairs to the current situation, i.e. the corona pandemic and its consequences (which also inspired the exhibition’s theme), one could refer to Edgar Morin’s interpretation. According to him, the health crisis has brought the natural sciences back into the centre of public debate, reinstating a seemingly obsolete necessity: the necessity to conquer the unknown. As soon as experts started to voice their different and often contradictory opinions about the necessary preventive measures or about the origin of the virus – which has shaken the whole world – doubts were spreading. Mankind’s omnipotence – with all its colonial type repressions – was finally put into question. The natural sciences, until now considered as an indisputable collection of absolute truths, gave way to a festival of uncertainties. These uncertainties concern the origin of the pandemic as well as the mutations of the virus, its unsteady proliferation, the measures taken to fight and possibly even eradicate it, and especially the pandemic’s social and economic consequences on a personal, local, and global level. According to Edgar Morin, all this makes us understand that uncertainty, even when hidden or repressed, is still part of mankind’s great adventure, is part of national history and of normal life too. Because each life is an uncertain adventure. To live means to go through uncertainties, only sometimes making a short stopover on islands of certitude. We should be aware of this and enjoy the unfolding of possibilities offered to us by uncertainty. Let us once again quote Edgar Morin, whose work is devoted to the world’s complexity and the sciences, to this human reality, which – like democracy – is grounded in the debate of different ideas: Ultimate luck is inseperable from ultimate risk.

Sofia Eliza Bouratis
PhD Art and Art Theory, Aesthetics
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Art theorist and independent curator

 

Die aus zwei Spiralen bestehende Skulptur ROTM (Rise of the machines),2021, illustriert die Beziehung zwischen Mensch und Technik. Die Spirale (Helix) als durchgängiges Motiv in meiner Arbeit, bekommt in der Arbeit ROTM einen kalten Beigeschmack. Die Ordnung, in Form der gleichmässig auf und ab verlaufenden Spirale (Helix), wird in ihrer Erstreckung mittig gestört. Das Chaos tritt ein. Übergang. Ständige Veränderung, Anpassung.

Die Mithilfe von modernster Technik aus Edelstahl freigeformten Ranken scheinen ihr Eigenleben zu entwickeln und stellen die Frage der faustischen Technik, die sich schliesslich gegen ihren Schöpfer wendet.

 

La sculpture ROTM (Rise of the machines), 2021, composée de deux spirales, illustre la relation entre l’homme et la technologie. La spirale (hélice) motif récurrent dans mon travail, prend une connotation froide dans l’œuvre ROTM. L’ordre sous la forme d’une spirale (hélice) qui monte et descend régulièrement, est perturbé dans son prolongement au milieu. Le chaos entre. Transition. Un changement constant. Adaptation.

Les vrilles, librement formées d’acier inoxydable à l’aide de la technologie la plus moderne, semblent développer une vie propre et posent la question de la technologie faustienne, qui se retourne finalement contre son créateur.

 

The sculpture ROTM (Rise of the Machines) from 2021, consisting of two spirals, illustrates the relation between humans and technology. The spiral (helix), a continual common denominator of my work, acquires a cold flavour. Order, in the form of a homogenuous spiral, is centrally disrupted. Chaos enters. Transition. Constant change. Adaption.

These tendrils, freely formed from stainless steel by means of hypermodern technology, seem to develop a life of their own, calling into question a Faustian technology which finally turns against its own creators.

 

Gilles Pegel wurde 1981 in Esch-sur-Alzette geboren.

Er studierte Kunst an der ISLAP – Ecole de Recherche Graphique (ERG) in Brüssel und schloss mit einem Master in plastischer, visueller und räumlicher Kunst ab.  Nach seiner Zeit im MUDAM  (2005-2011)  widmete er sich ganz seiner persönlichen Kreativität als freischaffenden Künstler. Seitdem wurde er zu zahlreichen Gruppenausstellungen eingeladen sowie kürzlich zu einer Einzelausstellung im Centre d’Art Dominique Lang in Dudelange. Gilles, der 2015 auf der Shortlist für den Robert-Schuman-Kunstpreis und 2017 für den Edward-Steichen-Preis stand, ist vor allem für seine monumentalen Arbeiten im öffentlichen Raum bekannt. 2014 schuf er This play, ein 100 qm grosses  Fresko am Lycée de Redange, 2018 On the movements and habits, eine riesige Betonskulptur vor dem Lycée de Lamadelaine und 2019 All Roads lead to Rome, ein Wandfresko aus italienischer Emaille auf zwei Ebenen am Lycée de Grevenmacher.

 

Gilles Pegel est né en 1981 à Esch-sur-Alzette.

Il a fait ses études d’art à Bruxelles et est diplômé d’un master en arts plastiques, visuels et de l’espace [ISLAP – École de Recherche Graphique (ERG) Bruxelles Belgique]. Après un passage au Mudam de 2005-2011, il se consacre à sa pratique personnelle à plein temps. 

Depuis, il a été invité à de nombreuses expositions de groupe ainsi qu’une récente exposition personnelle au Centre d’Art Dominique Lang à Dudelange. Présélectionné pour le prix d’Art Robert Schuman an 2015 et le Prix Edward Steichen en 2017, Gilles est surtout connu pour la réalisation d’oeuvres monumentales dans l’espace public. En 2014 il réalise this play, une fresque de 100m2 au Lycée de Redange, en 2018, On the movements and habits, sculpture gigantesque en béton devant le lycée de Lamadelaine ainsi qu’en 2019, All roads lead to Rome, une fresque murale sur 2 niveaux au lycée de Grevenmacher en émail italien.

 

Gilles Pegel was born in Esch-sur-Alzette in 1981.

He studied art at the ISLAPEcole de Recherche Graphique (ERG) in Brussels and finished his studies with a master degree in sculptural, visual and spatial art. After his time at the MUDAM (2005) he devoted himself fully to developing his creativity as an independent artist. Since then he has been invited to numerous group exhibitions and recently to a solo exhibition at the Centre d’Art Dominique Lang in Dudelange. Gilles, who was shortlisted for the Robert-Schumann-Kunstpreis and 2017 for the Edward-Steichen-Preis is above all known for his monumental works in public spaces. In 2014 he created This play, a 100 square metre fresco at the Lycée de Redange, in 2018 On the movements and habits, a gigantic concrete sculpture in front of the Lycée de Lamadeleine, and finally in 2019 All Roads lead to Rome, a wall fresco made from Italian enamel on two levels at the Lycée de Grevenmacher.